L’essentiel
La publicité programmatique est l’achat automatisé d’espaces publicitaires, souvent aux enchères en temps réel. Elle couvre les sites, les applications et les écrans vidéo. Elle sert surtout la publicité display : bannières, vidéos, formats natifs. L’affiliation, elle, rémunère des partenaires à la performance, le plus souvent à la vente.
- En programmatique, on achète une impression pour une personne dans un contexte, pas un emplacement.
- Une impression n’est pas une annonce vue : suivez la visibilité et la qualité des sites.
- Chrome garde les cookies tiers au choix de l’utilisateur, mais le ciblage exige toujours le consentement.
Qu’est-ce que la publicité display ?
La publicité display regroupe les publicités visuelles affichées sur les sites, les applications et les plateformes vidéo. Elle prend plusieurs formes : bannières, vidéos, formats natifs, audio. Elle s’oppose au search, où l’annonce répond à une requête.
En France, la vidéo domine désormais le display. Elle en représente environ 60 % des recettes en 2025, et la part des bannières classiques recule.
2,32 Md€
de recettes pour le display en France en 2025. C’est 19 % du marché de la publicité digitale, en hausse de 11 % sur un an.
SRI, UDECAM et Oliver Wyman, 35e Observatoire de l’e-pub, 10/02/2026.
Quels sont les formats display ?
- la bannière, fixe ou animée, placée dans la page ;
- la vidéo instream, diffusée avant, pendant ou après un contenu vidéo ;
- la vidéo outstream, qui se lance dans un article ou entre deux paragraphes ;
- le format natif, qui reprend la forme des contenus du site (modules de recommandation, articles sponsorisés) ;
- l’audio, dans les podcasts, les webradios et les plateformes de streaming musical.
Le display sert trois usages. Il fait connaître une marque et entretient la mémoire d’une offre auprès d’une audience choisie. Il permet aussi de recontacter des visiteurs qui n’ont pas encore acheté. Il se paie le plus souvent au CPM, c’est-à-dire pour mille impressions.
Qu’est-ce que la publicité programmatique ?
Pour la CNIL, la publicité programmatique permet de planifier l’achat automatique d’éléments d’inventaire. Cet achat suit des critères prédéfinis : prix, caractéristiques de l’audience, géolocalisation. Le type le plus répandu est l’enchère en temps réel, ou RTB. Source : la définition de la CNIL, consultée le 24/09/2026.
Définition
Publicité programmatique : achat et vente automatisés d’impressions publicitaires, une par une, selon des règles fixées par l’acheteur. RTB (Real-Time Bidding) : enchère organisée pour chaque impression, pendant le chargement de la page.
Les échanges entre plateformes suivent un standard ouvert, OpenRTB, publié par l’IAB Tech Lab. Il définit comment une impression est mise aux enchères. Il fixe aussi le format des demandes et des réponses d’enchère entre acheteurs et vendeurs. Il couvre le display, la vidéo, l’audio et le natif, selon la documentation du standard OpenRTB (consultée le 24/09/2026).
Quelle différence entre display et programmatique ?
Le display désigne un type de publicité : ce que l’internaute voit à l’écran. Le programmatique désigne un mode d’achat : la façon dont l’espace est acheté. Les deux se combinent. Le display programmatique est du display acheté automatiquement, impression par impression. Le display peut aussi s’acheter en direct, auprès d’un éditeur.
| Question | Display | Programmatique |
|---|---|---|
| De quoi s’agit-il ? | Un type de publicité : bannière, vidéo, natif, audio | Un mode d’achat automatisé de l’espace publicitaire |
| À quoi répond-il ? | Que montre-t-on à l’internaute ? | Comment achète-t-on l’impression ? |
| Alternative | Search, social, affiliation | Achat direct ou gré à gré auprès de l’éditeur |
Le programmatique domine déjà l’achat de display vidéo : 76 % de ses recettes en France en 2025. Il pèse 51 % de celles du display classique, d’après le même Observatoire de l’e-pub.
Comment fonctionne une enchère programmatique ?
Tout se joue pendant le chargement de la page, en une fraction de seconde :
- Un internaute ouvre une page qui contient un emplacement publicitaire.
- La plateforme de l’éditeur (SSP) envoie une demande d’enchère. Elle décrit l’emplacement, le contexte et, si le consentement le permet, l’utilisateur.
- Les plateformes des acheteurs (DSP) évaluent l’impression selon les règles de chaque campagne et envoient une offre.
- L’enchère désigne un gagnant, dont la publicité s’affiche.
- L’affichage est mesuré : impression, visibilité, clic, conversion éventuelle.
Exemple fictif : une marque de chaussures de running cible les lecteurs de sites sportifs en Île-de-France. Sa DSP enchérit sur les impressions de ces sites, avec un prix maximal fixé à l’avance. Un lecteur ouvre un article sur le marathon et voit la vidéo de la marque. L’annonceur n’a rien négocié avec le site : tout s’est joué pendant l’enchère.
| Acteur | Rôle |
|---|---|
| Annonceur ou agence | Définit la cible, le budget, les règles d’achat et les créations |
| DSP (Demand-Side Platform) | Plateforme d’achat : évalue chaque impression et enchérit pour l’annonceur |
| SSP (Supply-Side Platform) | Plateforme de vente : met les impressions de l’éditeur aux enchères |
| Ad exchange | Place de marché où se rencontrent offres et demandes |
| Éditeur | Site ou application qui vend ses espaces publicitaires |
| Outils de données | Segments d’audience, données propriétaires de l’annonceur (CRM) |
Quels sont les modes d’achat ?
| Mode d’achat | Principe | Intérêt |
|---|---|---|
| Enchères ouvertes (open RTB) | Tout acheteur peut enchérir sur l’inventaire | Volume, prix bas, contrôle qualité à renforcer |
| Deal privé (PMP) | Enchère réservée à des acheteurs invités par l’éditeur | Sites choisis, meilleure qualité |
| Programmatique garanti | Volume et prix fixés à l’avance, livrés de façon automatisée | Prévisibilité, inventaires premium |
| Gré à gré | Négociation directe avec l’éditeur, hors programmatique | Opérations spéciales, formats sur mesure |
Google Ads donne aussi accès au display, par ses campagnes Display et Performance Max, sans passer par une DSP. C’est souvent la porte d’entrée des petits annonceurs. Voir les campagnes Google Ads et notre page Performance Max.
Comment lancer une première campagne de publicité programmatique ?
- Fixer l’objectif : notoriété mesurée en impressions visibles, ou conversions mesurées après clic.
- Choisir l’accès : campagne Display dans Google Ads, DSP en libre-service ou agence spécialisée.
- Définir l’audience : segments, données propriétaires, thématiques, sites visés ou exclus.
- Préparer les créations : plusieurs tailles et formats, avec une version vidéo si possible.
- Lancer et contrôler : vérifier les emplacements dès la première semaine, puis ajuster enchères et exclusions.
Comment éviter la fraude et les impressions invisibles ?
Une impression achetée n’est pas une publicité vue. Trois contrôles limitent le gaspillage.
La visibilité mesurée
Le Media Rating Council (MRC) fixe les normes de visibilité. Une annonce display est visible si au moins 50 % de sa surface s’affiche à l’écran pendant au moins une seconde. Pour une vidéo, il faut 50 % de la surface pendant au moins deux secondes de lecture. Pour les très grands formats, le seuil passe à 30 % de la surface.
Source : l’aide Google Ads sur Active View, consultée le 24/09/2026. Comparez vos campagnes sur le coût pour mille impressions visibles, pas seulement sur le CPM brut.
Les vendeurs autorisés : ads.txt
Le fichier ads.txt est un standard de l’IAB Tech Lab. Il permet à un éditeur de déclarer publiquement quelles sociétés peuvent vendre son inventaire. Il rend ainsi plus difficile la revente d’inventaire contrefait. Le fichier app-ads.txt étend le principe aux applications, et sellers.json documente la chaîne des vendeurs.
Source : la documentation ads.txt de l’IAB Tech Lab, consultée le 24/09/2026. Exigez de votre DSP qu’elle n’achète que des vendeurs déclarés.
La sécurité de marque
Trois outils protègent l’image de la marque. Les listes d’exclusion écartent des sites, des applications ou des thèmes. Les listes d’inclusion limitent les campagnes sensibles à des sites choisis. Le contrôle régulier des rapports d’emplacements repère le reste. Ensemble, ils évitent qu’une publicité apparaisse à côté d’un contenu qui abîme la marque. Le sujet rejoint le travail de branding.
Comment faire du retargeting sans lasser ?
Le retargeting, ou reciblage publicitaire, montre des publicités aux personnes qui ont déjà visité votre site ou utilisé votre application. C’est souvent le premier usage du display pour un site marchand. L’audience a en effet déjà manifesté un intérêt.
- limitez la fréquence d’exposition par personne et par jour ;
- excluez les acheteurs récents, sauf offre complémentaire pertinente ;
- segmentez selon l’intention : page produit vue, panier abandonné, simple visite ;
- fixez une durée de reciblage cohérente avec votre cycle d’achat.
Le retargeting repose sur des traceurs. Pour la CNIL, ils exigent un consentement donné par un acte positif clair. Refuser doit être aussi simple qu’accepter. Source : les lignes directrices de la CNIL du 29/09/2020. Les audiences reciblables sont donc plus petites que votre trafic réel.
À retenir
Cookies tiers : le 17/10/2025, Google a annoncé que Chrome garderait son approche actuelle, qui laisse le choix à l’utilisateur. Il renonce donc à supprimer les cookies tiers. Plusieurs technologies de la Privacy Sandbox, dont Topics et Protected Audience, sont abandonnées faute d’adoption. Source : annonce Privacy Sandbox de Google. Le consentement reste la condition du ciblage.
Les données propriétaires prennent de la valeur dans ce contexte : clients, abonnés, comptes, collectés avec consentement. Elles permettent de cibler ou d’exclure sans dépendre des cookies tiers. Leur qualité se travaille dans le CRM. Le reciblage sur les réseaux sociaux est traité dans notre guide des social ads.
Qu’est-ce que le marketing d’affiliation ?
Le marketing d’affiliation rémunère des partenaires, appelés affiliés ou éditeurs, pour les ventes ou les contacts qu’ils génèrent. L’annonceur ne paie que le résultat : une commission par vente (CPA) ou par lead (CPL). Les affiliés sont des sites de cashback, de codes promo, des comparateurs, des sites de contenu, des créateurs ou des newsletters.
395 M€
de recettes pour l’affiliation en France en 2025, en hausse de 6 % sur un an. C’est 39 % du levier « affiliation, emailing et comparateurs ».
SRI, UDECAM et Oliver Wyman, 35e Observatoire de l’e-pub, 10/02/2026, données CPA.
La relation passe souvent par une plateforme d’affiliation. Elle recrute les affiliés, suit les ventes et verse les commissions. L’Observatoire de l’e-pub cite par exemple Awin, CJ Affiliate, Effinity, Kwanko, Rakuten, TimeOne ou Tradedoubler.
Trois points demandent de la vigilance :
- l’attribution : un site de codes promo peut capter au dernier clic une vente déjà acquise. Définissez quels affiliés sont rémunérés, et dans quels cas ;
- la qualité des affiliés : validez chaque partenaire. Interdisez-leur d’acheter votre marque en SEA si c’est votre politique ;
- les liens : Google demande de marquer les liens rémunérés avec l’attribut
rel="sponsored". Source : Google Search Central, consulté le 24/09/2026.
Ce dernier point sépare l’affiliation du netlinking : un lien payé ne doit pas transmettre de popularité. Voir notre page sur les backlinks.
Comment mesurer une campagne display ou programmatique ?
Chaque indicateur répond à une question précise. Le tableau indique aussi ses limites.
| Indicateur | Ce qu’il mesure | Point de vigilance |
|---|---|---|
| CPM | Coût pour mille impressions | Comparer à CPM visible, plus juste |
| Taux de visibilité | Part des impressions réellement visibles (norme MRC) | Un CPM bas cache souvent une visibilité faible |
| Taux de clics | Clics rapportés aux impressions | Faible par nature en display ; mauvais indicateur de notoriété |
| Conversions post-clic | Achats ou leads après un clic | Indicateur le plus fiable pour la performance |
| Conversions post-impression | Achats après une simple exposition | À lire avec prudence : l’achat aurait pu avoir lieu sans la publicité |
| Répétition | Nombre moyen d’expositions par personne | Au-delà d’un seuil, la publicité lasse |
Pour mesurer l’effet réel d’une campagne, rien ne remplace un test. On compare les ventes d’un groupe exposé et d’un groupe témoin non exposé. Les bases du suivi des conversions sont posées dans notre pilier web analytics. Si le trafic arrive mais convertit peu, travaillez la page d’arrivée avec le CRO.
Display, programmatique ou affiliation : que choisir ?
| Levier | Objectif principal | Mode de paiement | À privilégier quand |
|---|---|---|---|
| Display via Google Ads | Notoriété, remarketing | CPM ou CPC | Petit budget, besoin de simplicité |
| Programmatique via DSP | Notoriété, audiences précises, vidéo | CPM | Budget média suffisant, besoin de contrôle des sites |
| Retargeting | Conversion des visiteurs | CPM ou CPC | Trafic qualifié existant, consentement recueilli |
| Affiliation | Ventes, leads | Commission au résultat | E-commerce ou offre avec valeur de commande claire |
Pour une marque qui débute, l’ordre logique est souvent le suivant. D’abord une mesure fiable, puis le retargeting sur le trafic existant. Ensuite la prospection display ou programmatique, quand l’offre et les créations ont fait leurs preuves. L’affiliation se lance en parallèle si l’activité s’y prête.
Dans tous les cas, la publicité programmatique demande un suivi régulier des emplacements et des résultats. Elle automatise l’achat, pas le jugement.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le display programmatique ?
C’est de la publicité display achetée de façon automatisée, impression par impression. Une plateforme d’achat (DSP) enchérit pour l’annonceur sur les espaces mis en vente par les éditeurs. Le display peut aussi s’acheter en direct, sans enchère.
Les cookies tiers vont-ils disparaître de Chrome ?
Non, selon l’annonce de Google du 17/10/2025. Chrome garde son approche actuelle, qui laisse le choix à l’utilisateur. Le consentement exigé par la réglementation européenne continue en revanche de limiter le ciblage par traceurs.
Qu’est-ce que le RTB ?
Le RTB (Real-Time Bidding) est une enchère organisée pour chaque impression, pendant le chargement de la page. Les acheteurs enchérissent via leur DSP, et le gagnant voit sa publicité affichée. Selon la CNIL, c’est le type de publicité programmatique le plus répandu.
Comment fonctionne le marketing d’affiliation ?
L’annonceur confie la promotion de ses offres à des partenaires : sites de contenu, cashback, comparateurs, créateurs. Il leur verse une commission sur chaque vente ou contact généré. Une plateforme d’affiliation assure souvent le suivi des ventes et le paiement.
Sources
- SRI, UDECAM et Oliver Wyman, 35e Observatoire de l’e-pub, bilan 2025, publié le 10/02/2026. Consulté le 24/09/2026.
- CNIL, Définition : publicité programmatique. Consulté le 24/09/2026.
- IAB Tech Lab, OpenRTB (version 2.6-202309 et 3.0). Consulté le 24/09/2026.
- Aide Google Ads, Visibilité et métriques Active View (normes MRC). Consulté le 24/09/2026.
- IAB Tech Lab, ads.txt : Authorized Digital Sellers. Consulté le 24/09/2026.
- CNIL, Cookies et autres traceurs : la CNIL publie des lignes directrices modificatives et sa recommandation, publié le 29/09/2020. Consulté le 24/09/2026.
- Google, Update on plans for Privacy Sandbox technologies, Anthony Chavez, publié le 17/10/2025. Consulté le 24/09/2026.
- Google Search Central, Qualifier vos liens sortants pour Google. Consulté le 24/09/2026.