L’essentiel
Le brand content, ou contenu de marque, désigne les messages d’apparence éditoriale qu’une marque produit elle-même ou commande à un tiers, à des fins de communication. C’est la définition publiée au Journal officiel le 14/02/2024. Un guide, une série vidéo ou un podcast de marque installe un univers sans vendre dans le message lui-même.
- Brand content ou content marketing : le premier travaille l’image de la marque, le second cherche une action du lecteur, jusqu’à l’achat.
- Chez un tiers, la mention est obligatoire : un publireportage non signalé est réputé trompeur ; la pratique est punie de deux ans de prison et 300 000 € d’amende, cinq ans et 750 000 € en ligne.
- Brand content manager : selon l’Apec, 80 % des offres d’emploi publiées pour ce poste proposent entre 31 k€ et 50 k€ brut par an.
Qu’est-ce que le brand content ?
Le brand content est un contenu éditorial dont la marque est l’auteur ou le commanditaire, et qui sert d’abord à communiquer plutôt qu’à vendre directement.
Définition
FranceTerme, la base terminologique du ministère de la Culture, définit le contenu de marque comme un « ensemble de messages d’apparence éditoriale qui sont produits directement ou commandés à un tiers par une marque ou par une organisation à des fins de communication » (Journal officiel du 14/02/2024).
En français, le terme officiel est donc « contenu de marque », avec « contenu promotionnel » pour synonyme. « Brand » est le mot anglais pour « marque » : le brand content est littéralement le contenu de la marque.
La définition précise deux points utiles. Le contenu peut être diffusé par la marque ou par un tiers, qu’il ait participé ou non à sa création. Et le publireportage en est un exemple officiel. Dès qu’un tiers diffuse le contenu, des règles de transparence s’appliquent.
Un contenu de marque exprime l’identité de marque : son ton, ses valeurs, les sujets sur lesquels elle se sent légitime.
Brand content ou branded content ?
Les plateformes emploient un mot voisin dans un sens plus étroit. Pour Meta, le « branded content » est le contenu d’un créateur ou d’un éditeur lié à un partenaire commercial, en échange d’une contrepartie. Le contenu présente ce partenaire ou subit son influence (politiques de contenu de marque de Meta). Il doit être publié avec l’outil de contenu de marque, qui identifie le partenaire.
Le brand content au sens français part de la marque. Le branded content de Meta part d’un créateur rémunéré par la marque. Les deux entrent dans la définition officielle, qui inclut les contenus commandés à un tiers.
Brand content et content marketing : quelle différence ?
La différence avec le content marketing tient à la finalité. Le brand content sert l’image et la préférence pour la marque. Le content marketing aide l’audience à résoudre un problème pour l’amener à agir.
Le Content Marketing Institute définit le content marketing comme une approche qui attire et retient une audience définie pour, au final, déclencher une action client rentable. La définition officielle du contenu de marque parle seulement de fins de communication. Aucun texte ne trace de frontière nette : le tableau ci-dessous est une lecture comparée des deux définitions.
| Critère | Brand content | Content marketing |
|---|---|---|
| Finalité | Image, notoriété, préférence pour la marque | Action du lecteur : contact, inscription, achat |
| Question de départ | Qu’est-ce que la marque veut dire d’elle-même ? | De quoi l’audience a-t-elle besoin pour avancer ? |
| Sujet | L’univers de la marque, parfois loin du produit | Les problèmes que le produit aide à résoudre |
| Indicateurs | Mémorisation, perception, audience | Contacts, conversions, chiffre d’affaires influencé |
| Exemple type | Documentaire produit par une marque de sport | Guide pratique proposé contre une adresse e-mail |
Une même marque mène souvent les deux, avec des contenus et des indicateurs distincts. Le récit fait le lien : le storytelling de marque fournit l’histoire que le brand content met en forme.
Quels formats de brand content ?
Tout format éditorial peut porter un contenu de marque. Ce qui change d’un format à l’autre, c’est le canal de diffusion, et donc les règles à respecter.
| Format | Exemple type | Diffusé par |
|---|---|---|
| Édition : guide, magazine, livre | Guide offert aux clients | La marque |
| Vidéo, série, documentaire | Série sur le savoir-faire d’un atelier | La marque, sur ses chaînes |
| Événement filmé | Exploit sportif diffusé en direct | La marque, reprise par les médias |
| Podcast | Entretiens avec des clients ou des experts | La marque |
| Publireportage, publicité native | Article payé dans un média | Un média, avec mention obligatoire |
| Contenu de créateur | Vidéo commandée à un influenceur | Le créateur, avec mention obligatoire |
Les avis, photos et vidéos que vos clients publient d’eux-mêmes ne sont pas du brand content : la marque ne les produit pas et ne les commande pas. Elle peut les relayer, mais ces contenus créés par les utilisateurs obéissent à leurs propres règles.
Exemples de brand content commentés
Deux exemples réels, souvent cités, montrent la logique du brand content. Le troisième, fictif, la transpose à une PME.
Le Guide Michelin (1900) : un service qui fait rouler les clients
Selon l’histoire publiée par le Guide MICHELIN le 09/01/2020, le guide naît en 1900 sous la forme d’un livret publicitaire de 400 pages, distribué gratuitement. André et Édouard Michelin, fondateurs de la manufacture de pneumatiques, le font tirer à 35 000 exemplaires et l’offrent aux chauffeurs avec l’achat de pneus.
Le livret ne vante pas les pneus. Il indique où s’approvisionner, faire réparer sa voiture, dormir et manger. La logique se devine : un conducteur qui voyage davantage use davantage ses pneus. Le contenu sert l’objectif commercial par l’usage, pas par l’argumentaire.
Red Bull Stratos (2012) : la marque devient éditeur
Le 14/10/2012, Felix Baumgartner saute depuis la stratosphère dans le cadre du projet Red Bull Stratos. Selon le récit publié par Red Bull le 26/07/2016, 9,5 millions de personnes ont suivi le saut en direct sur YouTube. Ce chiffre est déclaré par la marque elle-même, pas mesuré par un tiers.
Le projet porte le nom de la marque, et c’est Red Bull qui en publie le récit et les chiffres sur son propre site. La marque se comporte en éditeur : la boisson n’apparaît que par le nom du projet.
Exemple fictif : une PME de menuiserie
Cet exemple est construit pour illustrer ; il ne décrit aucune entreprise réelle. Un fabricant de fenêtres en bois de 40 salariés publie chaque trimestre un portrait vidéo d’un artisan de son atelier. Aucune offre, aucun prix : c’est du brand content.
La même entreprise publie un guide pour choisir ses fenêtres lors d’une rénovation, avec un formulaire de devis. C’est du content marketing. Si elle paie un magazine de décoration pour publier le portrait, l’article doit indiquer clairement qu’il est financé par la marque, par exemple avec la mention « Publicité ».
Contenus sponsorisés : quelles règles de transparence ?
Un contenu de marque diffusé par un tiers doit être reconnaissable comme publicitaire, et l’annonceur doit être identifiable. Trois textes de loi et une recommandation professionnelle le prévoient, selon le canal.
L’article 20 de la LCEN (loi n° 2004-575 du 21 juin 2004, version en vigueur depuis le 05/01/2008) pose le principe. Toute publicité accessible en ligne doit pouvoir être clairement identifiée comme telle. Elle doit aussi rendre identifiable la personne pour le compte de laquelle elle est réalisée.
Le publireportage relève en plus du Code de la consommation. L’article L121-4, 11° répute trompeur le fait d’utiliser un contenu rédactionnel dans les médias pour promouvoir un produit financé par le professionnel, sans l’indiquer clairement. L’article L132-2 punit ces pratiques de deux ans de prison et 300 000 € d’amende. L’amende peut atteindre 10 % du chiffre d’affaires annuel moyen ou 50 % des dépenses de la publicité. En ligne, les peines passent à cinq ans et 750 000 €.
Pour la presse, l’ARPP a sa propre recommandation sur l’identification des communications commerciales, modifiée le 21/05/2025. Elle demande les mots « Publicité » ou « Communiqué », ou un équivalent, en tête de toute publicité rédactionnelle payée. C’est un texte d’autorégulation, sans valeur de loi.
Quand un créateur rémunéré publie le contenu auprès de sa propre audience, la loi du 9 juin 2023 sur l’influence commerciale s’applique. Son article 5-2, en vigueur depuis le 08/11/2024, impose une mention claire de l’intention commerciale, sauf si elle ressort déjà du contexte. Il cite « publicité » ou « collaboration commerciale », et admet une mention équivalente adaptée au format. En 2024, la DGCCRF a contrôlé plus de 260 influenceurs : 40 % présentaient des anomalies (bilan publié le 13/03/2025, contrôles ciblés).
Pour les formats payants propres à chaque plateforme, voyez notre guide des contenus sponsorisés sur les réseaux sociaux.
Reste le SEO. Les règles anti-spam de Google, mises à jour le 31/08/2026, citent les publireportages et la publicité native payés contenant des liens qui améliorent le classement. Ces liens restent admis s’ils portent rel="sponsored" ou rel="nofollow", Google préférant sponsored pour les liens payants.
| Situation | Texte de référence | Ce qu’il faut faire |
|---|---|---|
| Contenu publié sur vos canaux | LCEN, art. 20 | Signer le contenu : la marque reste identifiable |
| Article payé dans un média | Code de la consommation, L121-4 11° ; ARPP | Indiquer clairement le financement, « Publicité » ou « Communiqué » en tête |
| Post ou vidéo d’un créateur rémunéré | Loi n° 2023-451, art. 1 et 5-2 | Mention « publicité » ou « collaboration commerciale », ou équivalente |
| Lien vers votre site dans un contenu payé | Règles anti-spam de Google | rel="sponsored" ou rel="nofollow" sur le lien |
Attention
Ce contenu n’est pas un avis juridique. Il résume des textes vérifiés le 26/09/2026 ; pour un montage précis (créateur qui ne publie pas sur son compte, contenu coproduit avec un média), consultez un avocat ou un juriste.
Brand content manager : quel métier ?
Le brand content manager conçoit et pilote les contenus d’une marque. Selon la fiche métier de l’Apec, il crée et gère des contenus numériques pour une marque, une entreprise ou une institution, dans une stratégie marketing globale. Son périmètre est multicanal.
Ses missions, d’après la même fiche :
- veille concurrentielle et analyse des tendances de son secteur ;
- stratégie éditoriale par cible et par support, en lien avec le responsable de la marque ;
- pilotage de la production, avec des équipes internes ou des prestataires ;
- suivi du budget, du planning et des indicateurs de performance.
Le poste s’appelle aussi content manager, responsable contenu ou chef de projet éditorial. Il peut être rattaché à la direction marketing, à la direction marketing et communication ou, en agence, au chef d’agence. L’Apec cite une formation de niveau bac + 5 (marketing, communication, lettres, école de commerce ou de journalisme) et, de préférence, au moins deux ans d’expérience.
31 à 50 k€
80 % des offres d’emploi de brand content manager publiées sur l’Apec proposent une rémunération annuelle brute, fixe et variable, comprise entre 31 000 € et 50 000 €, pour une moyenne de 41 000 €.
Apec, fiche métier Brand content manager, mise à jour le 17/07/2026
Ces montants sont ceux proposés dans les offres, pas des salaires constatés, et la fiche ne précise pas la période couverte.
Pour lancer votre brand content, partez de ce que votre marque peut raconter de façon crédible, choisissez un format que vous tiendrez dans la durée, et signalez chaque contenu payé diffusé chez un tiers.
Sources
- FranceTerme (ministère de la Culture), Contenu de marque, Journal officiel du 14/02/2024. Consulté le 26/09/2026.
- Meta Business Help Center, Branded Content Policies, date non affichée. Consulté le 26/09/2026.
- Content Marketing Institute, What Is Content Marketing?, date non affichée. Consulté le 26/09/2026.
- Guide MICHELIN, Le guide MICHELIN, une longue histoire, 09/01/2020. Consulté le 26/09/2026.
- Red Bull, Relive one of the moments of the decade: Red Bull Stratos, 26/07/2016. Consulté le 26/09/2026.
- Légifrance, Loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, article 20, version en vigueur depuis le 05/01/2008. Consulté le 26/09/2026.
- Légifrance, Code de la consommation, article L121-4, version en vigueur depuis le 28/05/2022. Consulté le 26/09/2026.
- Légifrance, Code de la consommation, article L132-2, version en vigueur depuis le 12/05/2024. Consulté le 26/09/2026.
- Légifrance, Loi n° 2023-451 du 9 juin 2023, article 1, version en vigueur depuis le 08/11/2024. Consulté le 26/09/2026.
- Légifrance, Loi n° 2023-451 du 9 juin 2023, article 5-2, version en vigueur depuis le 08/11/2024. Consulté le 26/09/2026.
- ARPP, Recommandation Identification des communications commerciales et de l’annonceur, modifiée le 21/05/2025. Consulté le 26/09/2026.
- Ministère de l’Économie (DGCCRF), Présentation du bilan 2024 de la DGCCRF, 13/03/2025. Consulté le 26/09/2026.
- Google Search Central, Règles concernant le spam pour la recherche Google, mise à jour le 31/08/2026. Consulté le 26/09/2026.
- Google Search Central, Qualifier les liens sortants, mise à jour le 08/03/2026. Consulté le 26/09/2026.
- Apec, Fiche métier Brand content manager F/H, publiée le 17/06/2019, mise à jour le 17/07/2026. Consulté le 26/09/2026.
Citer cet article
Clair, B. (2026, 26 septembre). Brand content : définition, exemples et règles. Elev8 Lab. https://elev8-lab.fr/content-marketing/brand-content/